_

As I walked by myself

And talked to myself

Myself said to me,

"Look to yourself,

Take care of yourself,

For nobody cares for you."

I answered to myself

And said to myself

In the self-same way to me,

Look to yourself,

Or not look to yourself,

The self-same thing will be.”

in “The Merry-go-round”.

_

Le rire est un chant de triomphe ; c’est l’expression d’une supériorité momentanée, mais brusquement découverte du rieur sur le moqué.

Il y a deux sortes de rires, aussi éloignées l’une de l’autre, mais aussi parfaitement solidaires que les deux pôles de notre planète.

Le premier, c’est le vrai rire, le rire sain, tonique, reposant :

Je ris parce que je me sens supérieur à toi (ou à lui, ou au monde entier, ou à moi-même).

Nous l’appelons rire positif.

Le second est dur, et presque triste :

Je ris parce que tu es inférieur à moi. Je ne ris pas de ma supériorité, je ris de ton infériorité.

C’est le rire négatif, le rire du mépris, le rire de la vengeance, de la vendetta, ou tout au moins, de la revanche.

Entre ces deux sortes de rires, nous rencontrons toutes sortes de nuances.

Et sur l’équateur, à égale distance des deux pôles, nous trouverons le rire complet, constitué par l’association des deux rires.

Marcel Pagnol
Notes sur le rire

_

XI

La visite en enfer
Ou les erreurs à ne pas commettre

Il était une fois… un jeune journaliste qui désirait faire un reportage sur les techniques de direction d’entreprise. Il visita plusieurs sociétés, mais se rendit vite compte que leurs dirigeants, s’ils lui expliquaient volontiers en détail les manières de bien faire, devenaient muets quant aux erreurs à éviter.

Une façon d’exprimer qu’ils n’en commettaient jamais !

Le journaliste, fort déçu, pensait à juste titre que ses lecteurs étaient intéressés de savoir pourquoi certaines entreprises fonctionnaient mal.

C’est alors qu’il aperçut dans la vitrine d’une agence de voyages un panneau indiquant en grosses lettres :

VOYAGE ORGANISE – 1 journée
Visite de l’enfer des MANAGERS

Extrait de « Contes de fées pour manager » de Mario Bondanini

_

Cântico negro

Deus e o Diabo é que me guiam, mais ninguém!

Todos tiveram pai, todos tiveram mãe:

Mas eu, que nunca principio nem acabo,

Nasci do amor que hé entre Deus e o Diabo!

Ah! que ninguém me dê piedosas intenções.

Ninguem me peça definições.

Ninguém me diga “Vem por aqui!”

A minha vida é um vendaval que se soltou.

É uma onda que se alevantou.

É un átomo a mais que se animou...

Não sei por onde vou.

Não sei para onde vou.

- Sei que não vou por aí.

Poemas de Deus e do Diabo
José Régio

_

La parure

C’était une de ces jolies et charmantes filles, nées, comme par une erreur du destin, dans une famille d’employés. Elle n’avait pas de dot, pas d’espérances, aucun moyen d’être connue, comprise, aimée, épousée par un homme riche et distingué ; et elle se laissa marier avec un petit commis du ministère de l’instruction publique.

Elle fut simple ne pouvant être parée, mais malheureusement comme une déclassée, car les femmes n’ont point de caste ni de race, leur beauté, leur grâce et leur charme leur servant de naissance et de famille. Leur finesse native, leur instinct d’élégance, leur souplesse d’esprit, sont leur seule hiérarchie, et font des filles du peuple les égales des plus grandes dames.
(...)

Maupassant
Contes

 

 

_

Le passeur

Dans le monde où vit Jonas, la guerre, la pauvreté, le chômage, le divorce n’existent pas. Les inégalités n’existent pas. L’harmonie règne dans les cellules familiales constituées avec soin par le comité de sages. Les personnes trop âgées, ainsi que les nouveau-nés inaptes sont « élargis », personne ne sait exactement ce que cela veut dire.
Dans la communauté, une seule personne détient véritablement le savoir : C’est le dépositaire de la mémoire. Lui seul sait comment était le monde, des générations plus tôt, quand il y avait encore des animaux, quand l’œil humain pouvait encore voir les couleurs, quand les gens tombaient amoureux.
Dans quelques jours, Jonas aura douze ans. Au cours d’une grande cérémonie, il se verra attribuer, comme tous les enfants de son âge, sa future fonction dans la communauté.
Jonas ne sait pas encore qu’il est unique. Un destin extraordinaire l’attend. Un destin qui peut le détruire.

EXTRAIT

 

 

IMPORTANT

_

(…)

« Tous les grands chantiers ont été arrêtés. Pour les entrepreneurs, c’est un manque à gagner important », déplore Didier Favre, président de la section genevoise de la Société suisse d’entrepreneurs (SSE). « Si la mobilisation est forte, c’est que les syndicats ont fait un tel tapage en prédisant la fin des acquis sociaux, que les ouvriers ont vraiment peur. Mais c’est de la désinformation. A Genève, toutes les entreprises continueront de respecter les termes de la convention nationale », poursuit-t-il.

Mais si les ouvriers ont défilé lundi, à Genève mais aussi à Neuchâtel et à Berne, où ils étaient, respectivement 400 et 700 grévistes, c’est justement pour la ré institution de cette convention, qui régit le secteur du gros œuvre. Le vide conventionnel qui règne depuis le 1er octobre est le fait de la SSE, qui l’a dénoncée à des fins de négociation.

Elle attend des syndicats qu’ils acceptent les 80 heures « négatives », qui donneraient aux entrepreneurs plus de flexibilité pour répartir les heures travaillées sur l’année. Ce système permettrait, notamment en cas d’intempéries, de suspendre le travail d’un ouvrier, puis de les compenser par des heures supplémentaires, « Ça veut dire une heure de plus par jour pendant 80 jours en été, soit 10 heures de travail par jour pendant deux mois et demi. Parce que cela augmente le risque d’accidents, et au nom de la protection de la santé des ouvriers, nous ne pouvons pas l’accepter », affirme Jacques Robert, directeur du secteur de la construction chez Unia.

(…)

Dans

LE TEMPS

Mardi 16 octobre 2007

par Rinny Gremaud